Après le MOMA, la Cinémathèque abrite actuellement ce qui doit être LA MEGA
exposition de la saison, attendue par le tout Paris, et plus encore. Avec entre
2000 – en semaine - et 3500 – le week-end
– entrées quotidiennes, c’est en effet une vraie folie.
J’ai eu l’occasion de la visiter à deux reprises, dans des conditions
diamétralement opposées. La seconde fois, j’ai fait comme toute bonne habituée
des files d’attente interminables, j’ai pris mes billets coupe-file à l’avance
sur Internet. Sinon, je pense qu’il faut compter 1 à 2h de queue minimum. Bref, pas de queue,
et en un coup d’ascenseur hop, hop, on arrive au 5ème étage… et on
est accueilli par un magistral bain de foule. Et non, non, il est tellement
chaleureux qu’il ne nous quittera pas de l’exposition.
Heureusement pour moi, j’ai eu la chance d’explorer les
méandres burtoniens lors d’une visite privée (merci à ma grande sœur qui a
gagné un concours UGC) ! Privée, c'est-à-dire, 3 groupes de 20 personnes
en tout et pour tout, dispatchées en début, milieu et fin de parcours. Nous
avons en plus eu la chance de tomber sur une super conférencière, visiblement passionnée
par le sujet, ce qui ne gâte rien. En somme, des conditions idéales pour
déambuler dans les différentes salles, pas toujours adaptées à une affluence
record.
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| Tim Burton en dédicace |
Mais intéressons nous plutôt au contenu : au bout d’un couloir
habillé des rayures de Bettlejuice, on arrive dans la première salle. Ses murs
sont couverts de polaroïds géants (50x80cm environ) pris par le cinéaste.
Sur le mur de gauche sont accrochés des clichés des figurines qui servent à ses
films d’animation. Sur celui de droite,
un clin d’œil à son obsession pour Frankenstein et sa réadaptation personnelle,
« la fille bleue », ici incarnée par sa costumière, Colleen Atwood.
Enfin, sur le mur de face, Burton s’amuse tantôt à travestir son chien en
Rodolf le renne, tantôt à créer des sculptures étranges et à les mettre en
scène dans le désert de la Death Valley.
On passe ensuite dans la seconde salle, imaginée par le
réalisateur qui souhaitait y accueillir ses amis lors du vernissage. Plongé dans le noir, on découvre les murs
recouverts d’un papier peint sur lequel ressortent d’étranges créatures
éclairées par des néons, ainsi que quelques tableaux. Mais le clou du spectacle
est un manège miniature actionné par une boule plasma !
Suit le « Burtonarium ». Dans cette grande pièce,
se bousculent un très grand nombre de dessins de la main du réalisateur. En effet,
dessinateur compulsif, tous ses projets passent par la feuille de papier. Les illustrations
sont classées par thèmes : enfants, créatures, couples… et au milieu de
tout cela, quelques sculptures et figurines issues des rêveries burtonniennes. On
découvre aussi que Burton est l’auteur d’un livre de nouvelles pour enfants, La triste fin du petit enfant huître et
autres histoires.
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| "Burtonarium" |
Une salle présente ensuite brièvement ses œuvres de
jeunesse, avant de passer à ses débuts de carrière difficiles au sein de
Disney. Comme on peut s’en douter, l’univers de Burton ne collait pas vraiment
avec celui de Walt. Après les refus systématiques de ses projets, il obtient
néanmoins le soutien de certaines personnes au sein de l’entreprise pour son
premier court métrage Vincent. C’est
le début du succès et le réalisateur prend ensuite les commandes de nombreux
films, dont deux Batman, Edward Scissorhands, Sleepy hollow, Big Fish, Charlie et la
chocolaterie, et plus récemment, Dark
Shadows. Ses films sont d’ailleurs rapidement présentés sur la fin du
parcours, avec des éléments de costume, des dessins, des projections d’extraits.

Les choix fait par les commissaires sont assez classiques,
mais en définitive, l’exposition est très réussie. Elle met bien en valeur l’univers
sombrement romantique du cinéaste et son parcours. On regrette cependant qu’elle
ne soit pas plus longue, et que les films de Burton soient si rapidement
expédiés.