mercredi 31 octobre 2012

« La bohème, la bohème, ça voulait dire on est heureux, la bohème, la bohème, nous ne mangions qu´un jour sur deux… »



L’exposition Bohèmes du Grand Palais (26 septembre 2012 -14 janvier 2013) explore ce thème si cher à l’Histoire de l’art et pourtant peu étudié. Bohèmes nous fait voyager des origines du terme désignant un peuple nomade mystérieux, à l’acception la plus moderne qualifiant le style de vie adopté par les artistes sans le sous de la fin du XIXème siècle.

scénographie: la bohème artistique
scénographie: le café
A travers 200 œuvres, des proverbes roms, différentes salles à la scénographie étudiée* – tantôt sobre et solennelle, tantôt très théâtrale, figurant ici un atelier d’artiste, où là une sous-pente miséreuse – et à la bande son agréable (ok, pendant les 20 premières minutes, après la musique en boucle à tendance à rendre fou…), le spectateur se lance sur les traces d’un mythe. Le mythe d’un peuple nomade, sans attaches, idolâtré ou diabolisé mais surtout, libre. C’est ce vœu de liberté qui opère comme lien entre le bohémien et l’artiste – non académique s’entend.
Theodor von Holst, Le Voeu, 1840
Boccaccio Boccaccino, La Petite bohémienne, 1516
« Bohémiens » car issus de Bohême dans l’actuelle République Tchèque, « Gypsies » fuyant l’Egypte pour les anglais, « Gitanos » pour les espagnols et « Tsiganes » pour les français.  Le mystère plane sur les origines de ce peuple pendant très longtemps.  En réalité leur point de départ aurait été l’Inde du nord, pour ensuite prendre la route de l’Empire perse, puis de la Grèce byzantine, et enfin arriver en Europe via le Bosphore.

Vincent Van Gogh, Les roulottes, campement de bohémiens aux environs d'Arles, 1888
Sur leur chemin, ils déchaînent les réactions de rejet, voire de répression. On les identifie comme étant des voleurs, filous, vagabonds, mendiants, escrocs … Malgré leur mauvaise image, les artistes vont les représenter abondamment. En effet le bohémien comme la bohémienne constituent de très bons sujets - danseuses, musiciens, séductrices, diseuses de bonne aventure - ils sont de plus vêtus de costumes atypiques et colorés et incarnent ainsi les idéaux de liberté, de rêve et d’exotisme.

Georges de La Tour, La diseuse de bonne aventure, vers 1630
Charles Landelle, Jeune bohémien serbe, 1872
L’exposition dévie ensuite vers « la bohème », la vie de bohème. De tout temps, des artistes qui cheminaient de ville en ville pour trouver des commandes se sont joints à des groupes de bohémiens ou les ont observés. Par la suite, les artistes au statut souvent marginal vont trouver dans la figure du bohémien un frère de cœur. C’est ainsi qu’au XIXème siècle, sous l’impulsion de certains poètes (Balzac, Baudelaire, Rimbaud) et artistes (Courbet), ils sont nombreux à se réunir sous cette bannière commune.

Henri Fantin-Latour, Coin de table, 1872
Vincent Van Gogh, Chaussures, 1886
Comme le bohémien qui possède plusieurs facettes, la vie de bohème est double. Anticonformiste, joyeuse et tapageuse, avec Paris pour capitale et les cafés de Saint-Germain, Montmartre ou Montparnasse pour quartier général, ou bien triste et miséreuse. De nombreux artistes se suicideront, mourront dans le dénuement le plus total, sans que l’on ait jamais reconnu leur travail.

Une exposition très réussie, qui apporte énormément d'éléments d'information (oui oui, il y a un paquet de kakemono à lire!) et qui réunit une grande quantité de chefs-d'oeuvre et d'oeuvres moins connues, de styles très variés. Bohèmes fait sans conteste voyager.

Santiago Rusiñol, Café de Montmartre, vers 1890
*NB : avez-vous, vous aussi, noté les efforts fait par les grands musées parisiens en matière de scénographie cette saison ? Je dis « bravo ! ».

vendredi 28 septembre 2012

Des diamants plein les yeux

Scénographie onirique par l'agence Jouin Manku
Scénographie féérique, univers magique, savoir faire unique. Non, je n’ai pas d’actions chez Van Cleef & Arpels, mais l’exposition qui a lieu aux Arts Décoratifs de Paris du  20 septembre au 10 février 2012 m’a tout simplement enchanté ! Dans une ambiance bleutée, sous des pétales géants ornés de petites diodes lumineuses se déploient les vitrines présentant plus de 500 pièces. L’exposition retrace le parcours de la marque de haute joaillerie de 1906 à nos jours, à travers des bijoux emblématiques, des créations originales et des commandes d’exceptions.
Nécessaire Roses, 1926
Van Cleef & Arpels se distingue par un sens unique de l’exigence, de la perfection. Les bijoux sont des pièces uniques, sorties tout droit de l’imagination des dessinateurs de la Maison. Les matériaux sont de la meilleure qualité, diamants, rubis, saphirs, émeraudes, améthystes, or, platine... L’exposition s’ouvre sur de petits objets : boîtes, poudriers. La finesse du travail des pierres et autres matériaux est impressionnante. Le sens du détail, même sur des pièces de petite taille est remarquable. On peut l’observer – entre autre – sur les bijoux d’inspiration égyptienne, où sont figurés oiseaux, fleurs ou personnages. Les thèmes végétaux et animaux sont d’ailleurs récurrents chez VC&A, ainsi que les danseuses, les nœuds de ruban...
Egyptomania dans les années 20
On découvre aussi que la Maison VC&A est la créatrice de la Minaudière, ce petit sac de soirée rigide. L’histoire dit que Florence Jay Gould (épouse d’un magnat des chemins de fer américain) cliente de la maison en aurait soufflé l’idée à Charles Arpels. En effet, elle avait l’habitude de mettre le contenu de son sac à main dans une grande boîte de cigarettes Lucky Strike en métal.
Clip Columbiad, 2010
La maison de joaillerie est aussi connue pour ses innovations : la plus célèbre est peut-être le serti mystérieux. Ce procédé permet de sertir les pierres sans monture apparente grâce à un rail. Un autre point fort de VC&A sont les bijoux transformables, comme les colliers modulables en bracelet à plusieurs rangs… Le plus original de ces bijoux est peut être le collier à zip, inspiré de la fermeture éclair, sur une idée originale de la Duchesse de Windsor dans les années 1938!
Clip Chrysanthème, 1937
Mention spéciale pour le film documentaire réalisé pour l’exposition. Il retrace la création d’un bijou du dessin à l’objet fini, en passant par le choix des pierres, la maquette, le sertissage, le polissage… 
Minaudière Colibri, 1938
Qu'on soit amateur de bijoux ou non, cette exposition est sublime en plus d'être extrêmement intéressante. Allez-y! Et si vous êtes riches et généreux, et que vous souhaitez m'offrir une de ces merveilles, n'hésitez pas!

mercredi 8 août 2012

Après Monsieur, bonjour Madame !



Et oui ! Après Helmut Newton, c’est au tour de l’œuvre photographique de son épouse June Brunell - connue sous le pseudonyme d’Alice Springs - d’être exposée. Berlin, Milan et maintenant Paris et la Maison Européenne de la photographie rendent hommage à l’artiste au cours d’une rétrospective qui rend compte de 40ans de travail. Du 27 juin au 4 novembre 2012, rendez-vous au 5/7 rue de Fourcy.


Glamour, sexy, drôle, l’œuvre d’Alice Springs est désormais iconique. Pourtant, rien ne laissait présager un tel destin. C’est à l’occasion d’une maladie d’Helmut Newton que sa compagne doit le remplacer au pied levé pour un shooting publicitaire.


Dès lors, la photographe enchaîne les séances photo. Elle est photographe pour de nombreuses publicités pour le coiffeur Jean-Louis David, dont la signature est la touche d’humour qu'elle y met. D'un autre côté, l’artiste reçoit aussi de nombreuses commandes pour des portraits de célébrités (artistes, acteurs, musiciens), plus intimes.


jeudi 5 juillet 2012

On vous dévoile tout !



Du 4 au 26 juillet 2012 se déroule l’exposition Lingerie française, un siècle d’histoire, à l’Espace Pierre Cardin à Paris. On y découvre l’histoire de la lingerie de la fin du XIXème siècle à nos jours, du corset aux sous-vêtements shapewear dernière génération. Lingerie française  a pour vocation de faire la promotion de l’histoire et du savoir faire des  grandes marques de corsetterie françaises. L’exposition est prévue pour voyager (dans un premier temps à Londres puis Dubaï et Shangaï) et ainsi diffuser le message à l’international.
Corset, 1880 environ, patrimoine Chantelle
Le parcours muséographique se divise en quatre étapes. D’abord, l’examen « clinique » des pièces de lingeries présentées sur des plaques de plexiglas – présentation épurée mais assez moderne – avec de très belles pièces, corsets, soutiens-gorge – des premiers triangles de satin aux soutiens-gorges techniques, en dentelle moulée ou ornés de cristaux Swarowski – et des pièces plus étranges ou oubliées tels les gaines, panty ou combipanty…
La gaine, objet indispensable de la femme des années 20 aux années 60
Le long de ce couloir historique, on peut observer l’évolution des formes des différentes pièces de corsetterie – avec l’apparition de nouveautés comme le tanga en 1979 ou les string un peu plus tard -   ainsi que celle des femmes qui les portent. Au-delà des formes, ce sont les techniques qui évoluent, grâce notamment à de nouvelles matières (nylon dans les années 50, élasthanne puis microfibre et enfin Lycra©…). On se rend aussi compte que la lingerie commence à suivre la mode (prêt à porter) à partir des années 60 pour ne plus s’en défaire : couleurs, motifs, imprimés, matières sont renouvelés à chaque saison. En parallèle, c’est aussi l’évolution des marques – de l’atelier de la corsetière artisanale à la firme de luxe – qui est mise en lumière.
Brigitte Bardot lance la mode du vichy dans les années 60
Deuxième étape : les vidéos. Sur deux écrans sont présentées des documents (planche de Muybridge, pages de catalogues…) et des images publicitaires des marques de lingerie, de la réclame du XIXème aux publicités – des plus kitsch aux plus piquantes telles les Leçons de Séduction d’Aubade. Ces images réincarnent les pièces, les remettent en contexte et rendent visible le glamour de la lingerie. Sur une troisième vidéo, on peut regarder la création et le montage d’un soutien-gorge (entre 20 et 40 pièces doivent être assemblées pour un seul objet !), petit incursion dans la chaîne de fabrication.
On a pas brûlé tant de soutiens-gorge que ça dans les années 70! bien au contraire.
Troisième stop, le stand Lycra©, partenaire de l’exposition. Pour une fois dans une exposition, le visiteur est prié de toucher ! Fibres de plusieurs calibres (dont l’élasticité est remarquable, le matériau peut s’étirer jusqu’à 8x sa longueur), divers tissus avec des pourcentages variables de Lycra©… bref c’est un peu une fibre magique, qui a révolutionné le confort de la lingerie.

Parures de plus en plus sophistiquées des années 2010
« At last but not least » la vidéo holographique. Tranquillement assis sur des chaises de dinette roses disposées autour de tables assorties façon terrasse de café, on peut alors contempler un défilé de lingerie trans-historique. Ou serait-ce un strip-tease ? Sous forme de saynètes amusantes et un brin coquines, des actrices portant des modèles mythiques de corsetterie typiques d’une époque ou d’une autre, caricaturent les postures et attitudes des femmes de la-dite époque. Ménagère coincée dans son corset, pin up des années 50, femme fatale des années 2010…
Shorty et porte-jarretelles font leur come back! 
Cette exposition est remarquablement riche, et on y apprend beaucoup sur un objet quotidien qui n’est que peu questionné ! Une vraie réussite pour une exposition au thème original.

Lingerie française par Catherine Ormen

NB : La commissaire Catherine Ormen a écrit un très beau livre qui complète l’exposition. On y retrouve aussi les magnifiques visuels de Gilles Berquet que l’on a vu partout dans la presse.

samedi 16 juin 2012

Panorama à Pompidou

Gerhard Richter, Glenn, huile sur toile, 1983
Gerhard Richter – artiste allemand né en 1932 à Dresde - se voit consacrer une rétrospective conséquente par le Centre Georges Pompidou cette saison (juin à septembre 2012).Peu connu du grand public français, le peintre possède pourtant une grande notoriété à l’international et fait partie des artistes les plus côtés sur le marché de l’art contemporain. L’exposition du Centre Pompidou présente environ 150 de ses œuvres, pour la majorité des peintures, mais aussi quelques unes de ses sculptures de verre.

Gerhard Richter, Tante Marianne, huile sur toile, 1965
Et en matière de peinture, on peut dire que Richter est éclectique ! Figuratif ou abstrait, noir et blanc ou couleur, huile sur toile, ou impression contrecollée sur aluminium, l’homme touche à tout.
L’exposition s’ouvre sur une série d’œuvres atypiques : les « photo-peintures » des années 60. Richter reproduit sur toile des photographies ou images existantes – dans un premier temps il s’agit d’images en noir et blanc, puis d’images en couleur -  dont il floute ensuite les contours. L’effet est assez saisissant. Outre la technique, certaines de ces œuvres recèlent un autre intérêt pour l’artiste. Elles lui servent de support de protestation, contre le nazisme notamment.

Gerhard Richter, Nuages, huile sur toile, 1970
Dans les années 70, Richter est dans les expérimentations. D’abord, il réalise de gigantesques Nuanciers, inspirés par ceux que l’on trouve dans les magasins de peinture. Mais on peut aussi observer une série de trois sublimes tableaux intitulée Nuages, qui représentent fidèlement l’objet du titre (idem pour les tableaux de paysages représentant le ciel et la mer). Il peint aussi des Détails, qui sont des agrandissements d’images d’1 ou 2 cm² représentées à l’échelle d’un tableau de 200x300cm.

Gerhard Richter, Forêt, huile sur toile, 1990
Plus on avance dans le temps et plus l’œuvre de Richter devient abstraite. On trouve un très grand nombre de monochromes gris, de différents gris, avec différentes textures. Puis l’artiste prend le contre pied de ces travaux et nous offre à voir une explosion de couleurs vives, acidulées projetée sur la toile, étalée au rouleau.
A partir des années 80, le peintre suivra deux directions opposées dans la création : il continuera d’une part les photo-peintures, de plus en plus réalistes et délicates, et de l’autre, il approfondira son travail dans l’abstraction. Dans ces abstractions, on trouve des œuvres oniriques, enchanteresses, comme mon coup de coeur, Forêt de 1990. L’artiste trouvera cependant aussi le moyen de lier abstraction et figuratif, en recouvrant partiellement des paysages peints par des marques de rouleau ou pinceau colorées.

Gerhard Richter, Ema, huile sur toile, 1966

Gerhard Richter, Betty, huile sur toile, 1977
En somme, cette rétrospective est une véritable découverte, ainsi qu’un marathon dans la diversité de l’œuvre de Gerhard Richter. Du 6 juin au 24 septembre 2012, au Centre Georges Pompidou, à Paris.

Gerhard Richter, Venise, huile sur toile, 1986


vendredi 18 mai 2012

Burton fait son show!



Après le MOMA, la Cinémathèque abrite actuellement ce qui doit être LA MEGA exposition de la saison, attendue par le tout Paris, et plus encore. Avec entre 2000 – en semaine -  et 3500 – le week-end – entrées quotidiennes, c’est en effet une vraie folie. 


J’ai eu l’occasion de la visiter à deux reprises, dans des conditions diamétralement opposées. La seconde fois, j’ai fait comme toute bonne habituée des files d’attente interminables, j’ai pris mes billets coupe-file à l’avance sur Internet. Sinon, je pense qu’il faut compter  1 à 2h de queue minimum. Bref, pas de queue, et en un coup d’ascenseur hop, hop, on arrive au 5ème étage… et on est accueilli par un magistral bain de foule. Et non, non, il est tellement chaleureux qu’il ne nous quittera pas de l’exposition.

Heureusement pour moi, j’ai eu la chance d’explorer les méandres burtoniens lors d’une visite privée (merci à ma grande sœur qui a gagné un concours UGC) ! Privée, c'est-à-dire, 3 groupes de 20 personnes en tout et pour tout, dispatchées en début, milieu et fin de parcours. Nous avons en plus eu la chance de tomber sur une super conférencière, visiblement passionnée par le sujet, ce qui ne gâte rien. En somme, des conditions idéales pour déambuler dans les différentes salles, pas toujours adaptées à une affluence record. 


Tim Burton en dédicace
 
Mais intéressons nous plutôt au contenu : au bout d’un couloir habillé des rayures de Bettlejuice, on arrive dans la première salle. Ses murs sont couverts de polaroïds géants (50x80cm environ) pris par le cinéaste. Sur le mur de gauche sont accrochés des clichés des figurines qui servent à ses films d’animation.  Sur celui de droite, un clin d’œil à son obsession pour Frankenstein et sa réadaptation personnelle, « la fille bleue », ici incarnée par sa costumière, Colleen Atwood. Enfin, sur le mur de face, Burton s’amuse tantôt à travestir son chien en Rodolf le renne, tantôt à créer des sculptures étranges et à les mettre en scène dans le désert de la Death Valley.

On passe ensuite dans la seconde salle, imaginée par le réalisateur qui souhaitait y accueillir ses amis lors du vernissage.  Plongé dans le noir, on découvre les murs recouverts d’un papier peint sur lequel ressortent d’étranges créatures éclairées par des néons, ainsi que quelques tableaux. Mais le clou du spectacle est un manège miniature actionné par une boule plasma !



Suit le « Burtonarium ». Dans cette grande pièce, se bousculent un très grand nombre de dessins de la main du réalisateur. En effet, dessinateur compulsif, tous ses projets passent par la feuille de papier. Les illustrations sont classées par thèmes : enfants, créatures, couples… et au milieu de tout cela, quelques sculptures et figurines issues des rêveries burtonniennes. On découvre aussi que Burton est l’auteur d’un livre de nouvelles pour enfants, La triste fin du petit enfant huître et autres histoires.

"Burtonarium"
Une salle présente ensuite brièvement ses œuvres de jeunesse, avant de passer à ses débuts de carrière difficiles au sein de Disney. Comme on peut s’en douter, l’univers de Burton ne collait pas vraiment avec celui de Walt. Après les refus systématiques de ses projets, il obtient néanmoins le soutien de certaines personnes au sein de l’entreprise pour son premier court métrage Vincent. C’est le début du succès et le réalisateur prend ensuite les commandes de nombreux films, dont deux Batman, Edward Scissorhands, Sleepy hollow, Big Fish, Charlie et la chocolaterie, et plus récemment, Dark Shadows. Ses films sont d’ailleurs rapidement présentés sur la fin du parcours, avec des éléments de costume, des dessins, des projections d’extraits.


Les choix fait par les commissaires sont assez classiques, mais en définitive, l’exposition est très réussie. Elle met bien en valeur l’univers sombrement romantique du cinéaste et son parcours. On regrette cependant qu’elle ne soit pas plus longue, et que les films de Burton soient si rapidement expédiés.

Du 7 mars au 5 août 2012, à la Cinémathèque, métro Bercy.

lundi 30 avril 2012

Le plaisir de la transgression !



« Erotique, sexy, sensuel, sensationnel, scandaleux ! » Que de doux qualificatifs pour décrire l’œuvre du grand photographe présenté actuellement au Grand Palais. Helmut Newton a déchaîné la chronique dans les années 50, et ce phénomène n’est pas prêt de s’essouffler. 

June Brunell , la femme de Newton, a toujours porté un regard bienveillant sur sa création. De son vivant, tous deux ont à cœur de mener un grand projet éditorial, nom de code « SUMO ». SUMO est un livre hors norme regroupant une grande partie des travaux photographiques de Newton – plus de 400 images - le tout à un format monumental de 50x70cm. Edité à 10.000 exemplaires, tous signés de la main du maître, il est publié grâce au concours de Monsieur Benedikt Taschen. Il a été réédité dans une plus petite version, et donc plus abordable ; et c’est par ce biais que j’ai scruté des heures durant les centaines de clichés qui composent son œuvre. L’exposition du Grand Palais est un sublime moyen de les redécouvrir.


Que dire de lui qui n’ait déjà été rabâché cent fois, mille fois ? Rien, j’en ai bien peur! De Berlin à l’Australie, puis à Paris et Los Angeles, le photographe a multiplié les clichés de mode pour les grands magazines, l’édition française de Vogue en particulier. Plus le temps a passé, plus il a fait preuve d’audace dans ses images, au risque d’offusquer les individus bien pensants !


La femme est quasiment son seul et unique sujet photographique ; la femme nue, son obsession. Il s’efforce – avec succès – de la sublimer. Fière, passionnée, dominante, séductrice, libre, effrontée ; la femme newtonienne est puissante et émancipée. Avec humour, sensibilité et hardiesse, il révèle un monde de glamour, de luxe, d’argent, de pouvoir où elle joue le rôle principal. Newton ose la placer dans toutes les situations, des plus banales aux plus cocasses : chambres d’hôtel, bars, ruelles, en corset et béquilles ou en fétichiste bondage, il ne recule devant rien.



Mon regret, l’exposition ne fait que 4 salles, c’est un peu frustrant ! De plus il y avait une telle affluence – alors que je suis arrivée exprès pour l’ouverture – qu’il m’a été impossible de regarder le film de June sur Helmut. Mais allez-y, c’est vraiment stupéfiant à voir.

Du  24 mars au 30 juillet 2012, Galerie Sud du Grand Palais.
Avenue Winston Churchill
75008 Paris (Métro Franklin Roosevelt)