mardi 27 septembre 2011

Mister Jekyll ou Mister Hyde ?

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Henry Darger

Qu’est ce qui différencie l’artiste des autres hommes ? Et l’artiste du fou ? Sont-ils vraiment très différents d’ailleurs ? Je me suis posée cette question après avoir lu l’histoire et observé les travaux d’Henry Darger. 

Darger est né en 1892 et perd sa mère lorsqu’il a 4 ans. Peu de temps après survient le décès de son père ; il est alors placé dans une institution catholique.  Toujours considéré comme « fou » par ses camarades et les adultes qu’il rencontre, Darger est finalement interné à 13ans – les motifs essentiels de cette décision étant sa pratique de l’onanisme et son refus de l’autorité. Après plusieurs tentatives, il réussit à s’enfuir et à gagner Chicago où il trouve l’aide de sa marraine. Il a alors 16ans environ et adopte une vie réglée : il travaille, se rend à la messe aussi souvent que possible – jusqu’à cinq fois par jour ! - , et ne laisse jamais personne pénétrer chez lui. Pourquoi parler de lui dans ce cas ? Eh bien c’est parce qu’il a fallut attendre sa mort en 1973, pour que ses propriétaires découvrent en vidant sa chambre qu’il était un artiste.

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Henry Darger

A l’instar d’un Tolkien pas très net, c’est tout un univers que Darger a créé. La quasi-totalité de son œuvre plastique illustre son récit encyclopédique The Story of the Vivian Girls, in What is known as the Realms of the Unreal, of the Glandeco-Angelinnian War Storm, Caused by the Child Slave Rebellion [L’histoire des sœurs Vivian, dans ce qui est connu comme les Royaumes de l’Irréel, de la violente guerre Glandeco-Angelinienne, causée par la rébellion des enfants esclaves]
Il y est question d’un monde étrange,  où des petites filles dotées d’un sexe de garçon sont l’enjeu d’une guerre : d’un côté,  les méchants adultes – des confédérés de la guerre de Sécession (une obsession de Darger ) – veulent réduire les enfants en esclavage (quand ils ne souhaitent pas simplement les torturer, les pendre ou les éviscérer) quand de l’autre, sept princesses tentent de les sauver en organisant la rébellion. Et au milieu de tout ça, les dessins, collages et aquarelles de l’artiste. 

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Henry Darger

Des centaines de dessins recto-verso ont été découverts. Ces œuvres sont représentatives de ce qu’on appelle « l’art brut ». Terme inventé par Dubuffet, cela englobe les créations de personnes dépourvus de culture artistique. Darger, en effet, ne semble pas avoir été un dessinateur très doué. Il a tantôt décalqué et recopié des images trouvées dans des magazines ou autres livres de coloriage, tantôt il les a directement découpées et collées. Néanmoins, on lui reconnaît un fantastique sens de l’organisation (espaces, volumes, personnages) insufflant ainsi une réelle dynamique à ses scènes, et un sens des couleurs non moins impressionnant. Son esprit « hors norme » a engendré une création prolifique, entre imaginaire idyllique et spectacle sinistre.

Quelques unes de ses oeuvres sont visibles à l'exposition Hey!Modern Art et Pop Culture de la HSP (voir article du 23/09).
Pour avoir plus d'infos/voir plus de travaux de Darger il y a le site du American Folk Art Museum, la Carl Hammer Gallery et ce site dédié à l'art brut.

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