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| Joaquim Mir I Trinxet, Jardins (décoration de la maison de l'artiste) |
C'est simplement moi, ou on est tous passé à côté d'un pan de l'histoire de l'art? Alors je ne prétends pas avoir un savoir exhaustif sur la question, mais après quelques années de passion et 4 ans d'études supérieures à me pencher sur la question, je dois bien admettre que le Musée de l'Orangerie a mis le doigt sur ma profonde ignorance en matière d'art espagnol... C'est vrai que je m'étais limitée aux basiques: Le Greco et Velasquez pour les anciens, Miro, Picasso et Dali pour les modernes.
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| Picasso, La buveuse d'absinthe. |
Et bien l'exposition "L'Espagne entre 2 siècles, de Zuloaga à Picasso (1890-1920)" a été une révélation. J'ai pu constater tout ce que j'avais manqué, justement, de ce passage d'un siècle au suivant, de la naissance de la modernité de l'autre côté des Pyrénées. C'est logique en même temps, Miro n'est pas sorti de nulle part, like a Jack-in-the-box, il a bien des racines, reçu des influences...
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| Santiago Rusiñol, La cour des orangers. |
Alors voilà, pour faire court, le passage du XIXème au XXème siècle en Espagne, c'est pas une sinécure! On observe de nombreux troubles politiques, des changements de gouvernement, des guerres et donc de la misère... Mais malgré tout cela, c'est aussi une époque de mutations. Le peuple, les artistes aspirent à plus de modernité.
L'art de l'époque illustre tout cela admirablement. On parle notamment de deux courants qui s'affrontent : Espagne blanche contre Espagne noire. Cette dernière met l'accent sur les difficultés de l'époque, fait état des mendiants et des gitans, de sujets sociaux... quand l'Espagne blanche, elle, se tourne vers la représentation de la modernité, de la joie de vivre au quotidien. Dans les deux cas néanmoins, on retrouve un fort ancrage des peintres dans leur identité méditerranéenne, dans la culture espagnole.
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| Hermen Angada Camarasa, La Granadina. |
De très nombreux peintres de la mouvance moderniste ont séjourné plus ou moins longuement à Paris, dans le quartier de Montmartre. Ils y fréquentaient les peintres français tels Manet, Toulouse-Lautrec, Renoir, Cézanne... on note d'ailleurs des influences très fortes de ces derniers sur la peinture espagnole. Picturalement, les peintres empruntent aussi bien les thèmes (extérieurs, jardins, thèmes sociaux, intimes), que les techniques (apparition d'oeuvres impressionnistes, ou quasi pré-cubistes...).
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| Joaquin Sorolla |
En bref, cette exposition de l'Orangerie fût une découverte! Elle fait le point sur une ellipse de l'histoire de l'art espagnol, et m'a personnellement fait découvrir une flopée de peintres fascinants. Le seul bémol, j'aurais aimé qu'elle soit plus vaste, pour permettre de valoriser le passage de cette peinture méconnue, à la peinture espagnole reconnue (Picasso, Dali et Miro ne sont quasi pas représentés, tout juste esquissés).
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| Nicolau Raurich, Mer latine. |






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