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| Edvard Munch, Le Cri, 1893 vs. Le Cri repris par les Lapins Crétins |
Edvard Munch me pose un sérieux problème. Il est de ces artistes qui ont tant été cités, nommés, plébiscités ; qu’on les reconnaîtrait entre mille, dans une grange, et par une nuit sans lune. A ce niveau là, même le brainstorming c’est de la triche. Si je dis « Munch » on me dit « cri ». Dans toutes les têtes, Munch = Le Cri. « Le cri de Munch ». Alors comment suis-je censée prendre du recul, et donner mon opinion sur la dernière exposition qui lui est dédiée à Pompidou ?
Ici, pas de Cri justement. Les commissaires de l’exposition ont jugé bon – un grand merci à eux – de changer de thème et de ton. Exit Edvard Munch pionnier de l’expressionnisme, Munch poète et narrateur de son récit intérieur… Aujourd’hui à Beaubourg, Munch est un homme moderne, un artiste de son temps. Adepte de la photographie et du cinéma ; il dialogue avec les médias les plus pointus de l’époque. C’est aussi un artiste qui s’intéresse à la reproductibilité des œuvres – dans le sens où l’ont trouve dans sa production des « répétitions » : plusieurs tableaux répétant la même scène - , tourné sur le monde extérieur et sa représentation; c’est un tout autre visage de Munch qui nous est présenté là, ainsi que des œuvres moins vues, et dont l’importance a souvent été minimisé par rapport à ses toiles (« trop » ?) connues.
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| Munch, Jeunes filles sur un pont (plusieurs versions sont visibles à l'exposition) |
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| Munch, Jeune fille nue (plusieurs versions sont visibles à l'exposition) |
Il n’en reste pas moins que Munch possède une vision unique et touchante du monde. La beauté des jeunes filles en fleur allant de pair avec l’horreur de la maladie, duo valsant sous les neiges norvégiennes. Le peintre nous montre à voir une myriade de couleurs et de formes, tantôt sombres et oniriques, tantôt pastelles et envoutantes. Prenant à cœur la figure humaine, il dévoile sa décrépitude quand la maladie éclot ; mais sait aussi dépeindre la poésie simple et pure des amants sur la plage, contemplant son clair de lune en forme de « i »...
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| Munch, Le baiser sur la plage |
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| Munch, La jeune patiente |
Un autre aspect d'Edvard Munch m'a touché lors de l'exposition: son besoin irrépressible de se portraiturer aussi bien en photographie qu'en peinture. De nombreuses épreuves le montrent l'appareil à bout de bras, se prenant le visage en photo. La dernière salle quant à elle, est réservée à l'accrochage d'une petite dizaine d'autoportraits peints à différents moments de sa vie. On m'a fait la réflexion qu'il s'agissait là d'un côté très "narcissique" de l'artiste. Personnellement j'y vois plus une perpétuelle inquiétude vis à vis du temps qui passe, un besoin de se peindre pour se rassurer, pour laisser une trace, et pour enfin, visualiser l'empreinte que le temps a laissé sur son corps....
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| Munch, Autoportrait à la Marat, Photographie |
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| Munch, Autoportrait de Copenhague |
L'exposition présentée par le Centre Pompidou, ici.
Le dossier pédagogique du musée, là.
Infos pratiques.







Je surkiffe le Cri façon Lapin Crétin !
RépondreSupprimerMais sinon, je suis d'accord avec toi...trop de Crie tue Munch. Si je t'avais pas pour faire ma culture, je n'aurais jamais su qu'il faisait ce genre de peintures, plutôt jolies au demeurant... On ne le connait que pour son Cri et c'est dommage.
Hahah je savais que ça te plairait. Y'a le Cri Homer Simpson si tu veux aussi!
RépondreSupprimerOui c'est dommage, une oeuvre qui éclipse le reste. Et c'est un problème chez beaucoup de peintres malheureusement...
A ton service pour ta dose de culture hebdo ma poulette! héhé.